Sud de la Mer Morte, Israël, station de pompage pour les besoins en eau de l'extraction de potasse par évaporation menée par Dead Sea Works, 4e producteur mondial

JOURDAIN, LES EAUX SANS PARTAGE

Le plus mince filet d’eau a toujours été un enjeu stratégique, économique, et agricole entre Jordanie, Palestine et Israël. Les frontières d’avant et après 67 ayant notamment suivi le tracé du cours d’eau délimitant Cisjordanie (West Bank) et Jordanie. L'hydrographie y est complexe : ressources naturellement mal réparties, intensification des besoins, dégradation de la qualité des eaux de surface, épuisement des nappes phréatiques...

En cent ans, le Jourdain a réduit de 90% principalement du fait des captures hydrographiques réalisées pour la seule agriculture de l’Etat hébreu.
Les choix pour l'exploitation économique de l'eau, et les moyens mis en œuvre à cet effet, ont des incidences directes sur les relations entre Israël et les Territoires occupés, sur la vie des populations ainsi que sur la préservation de l'environnement. Archaïsme et modernité, coopération et conflit, ignorance et savoir... les extrêmes se côtoient et limitent plusqu’ils favorisent le partage d'un patrimoine hydrique précieux, chargé des conflits ou revendications d’appartenance à une même terre.

Palestine et Jordanie, entre sites classés et cultures décimées

En 2011, le village de Battir près de Bethléem en Territoire Palestinien reçoit le prix Mélina Mercouri de l'UNESCO pour son agriculture en terrasses, classée patrimoine historique.

Ouest de Bethléem, Territoires Palestiniens. Wadi Fukin est un village de 1200 habitants, principalement des fermiers qui vendent leurs produits à Bethléem. Ils survivent grâce à une source locale mais le village voit son territoire menacé, prit entre la colonie juive Beitar Illit à la croissance exponentielle et la ligne verte en construction.

L'Assemblée générale de l'ONU a reconnu l'accès à une eau de qualité et à des installations sanitaires comme un droit fondamental

Le Jourdain, depuis l’île de la paix, le long de la frontière entre Jordanie et Israël. Depuis les années 60, Mekorot, la société des eaux israélienne, détourne l'eau du fleuve au profit du National Water Carrier, le système d’approvisionnement en eau du pays. L’écosystème naturel local en est la première victime. Le fleuve n'est plus qu'un mélange d'eau salée, surplus rejeté au cours du traitement des sources locales, et des eaux usées des communes du lac de Tibériade.

Le tourisme de l'eau : parcs aquatiques, spa et mythologie religieuse

Économie et écologie, la loi du plus riche

Bassin sud de la Mer Morte, Israël, usine de Dead Sea Works, quatrième producteur mondial de produits à base de potassium, qui pratique l'extraction par évaporation

© Celia Pernot 2019
Tous droits réservés | All rights reserved

Using Format